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Chaque matin, des milliers de cyclistes sillonnent les rues des villes françaises, parfois au mépris du code de la route. Feux rouges grillés, trottoirs empruntés, téléphone en main : les infractions à vélo sont fréquentes et rarement sanctionnées avec la même sévérité qu’en voiture. Mais une question revient régulièrement : peut-on perdre des points sur son permis de conduire en commettant une infraction à vélo ? La réponse, bien que tranchée sur le plan légal, mérite d’être nuancée. Car si le retrait de points est exclu, d’autres sanctions existent et peuvent, dans certains cas, toucher directement le précieux sésame rose.
Infraction à vélo : que dit la loi ?

Le cadre légal applicable aux cyclistes
Le code de la route s’applique à tous les usagers, qu’ils soient automobilistes, motards ou cyclistes. Un vélo est considéré comme un véhicule à part entière, soumis à des obligations précises. Pourtant, le régime de sanctions diffère fondamentalement de celui des conducteurs de véhicules motorisés.
Les règles spécifiques aux cyclistes
Les cyclistes doivent notamment respecter :
- les feux de signalisation (sauf dérogation locale avec un cédez-le-passage cycliste)
- les sens interdits, sauf indication contraire
- l’interdiction de circuler sur les trottoirs
- l’obligation de s’équiper d’un éclairage fonctionnel de nuit
- l’interdiction d’utiliser un téléphone tenu en main
Une circulaire du ministère de l’Intérieur datant de mars 2004 a confirmé que le système de retrait de points ne concerne que les infractions commises avec un véhicule nécessitant un permis de conduire. Le vélo, n’exigeant aucun permis, échappe donc à ce mécanisme.
Comprendre ce que dit la loi est une chose, mais connaître précisément les sanctions encourues en est une autre. Il convient d’examiner ce que risque concrètement un cycliste pris en faute.
Sanctions possibles pour les cyclistes

Des amendes bien réelles
Si les points sont hors de portée, les amendes, elles, sont bien réelles. Les infractions à vélo sont généralement classées en contravention de première à quatrième classe selon leur gravité.
| Infraction | Classe | Amende forfaitaire |
|---|---|---|
| Circulation sur le trottoir | 3e classe | 135 € |
| Griller un feu rouge | 4e classe | 135 € |
| Téléphone en main | 2e classe | 35 € |
| Absence d’éclairage | 1re classe | 11 € |
Des sanctions judiciaires en cas de gravité
Dans les situations les plus graves, notamment lorsqu’un cycliste met en danger la vie d’autrui ou provoque un accident corporel, un juge peut prononcer des sanctions pénales. Ces sanctions peuvent inclure des amendes plus lourdes, voire des peines d’emprisonnement dans les cas extrêmes.
Ces sanctions restent distinctes du permis de conduire, mais certaines situations particulières peuvent néanmoins y avoir une incidence directe, comme nous allons le voir.
Perte de points et permis de conduire : ce qu’il faut savoir
Un principe clair : pas de retrait de points à vélo
Le système du permis à points repose sur un principe simple : seules les infractions commises avec un véhicule soumis à permis peuvent entraîner un retrait de points. Un vélo ne nécessitant aucun permis, toute verbalisation à vélo ne peut légalement donner lieu à une déduction de points.
Que faire en cas de retrait abusif ?
Des situations abusives ont été signalées, où des points ont été retirés à tort à la suite d’infractions commises à vélo. Dans ce cas, il est fortement conseillé de :
- contester la décision par courrier recommandé avec accusé de réception
- adresser un recours auprès de l’Officier du Ministère Public compétent
- conserver toutes les preuves de l’infraction commise à vélo (lieu, circonstances)
Cette contestation est un droit fondamental que tout conducteur peut exercer face à une décision sans fondement légal.
Si la perte de points est exclue dans le cas général, la consommation d’alcool ou de stupéfiants à vélo constitue un cas particulier qui mérite une attention spéciale.
Alcool et drogue à vélo : risques pour le permis
L’ivresse publique et manifeste
Rouler à vélo en état d’ivresse est une infraction sanctionnée au titre de l’ivresse publique et manifeste. L’amende peut atteindre 150 €. En revanche, contrairement à ce que l’on pourrait croire, aucun seuil légal d’alcoolémie n’est fixé spécifiquement pour les cyclistes dans le code de la route.
Quand le juge peut intervenir sur le permis
En cas d’accident grave causé sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, un tribunal correctionnel peut prononcer une suspension ou annulation du permis de conduire, même si l’infraction a été commise à vélo. Cette décision relève du pouvoir discrétionnaire du juge et reste exceptionnelle, mais elle est légalement possible.
Au-delà des risques sur le permis, chaque infraction à vélo ouvre la possibilité d’une amende contestable. Il est utile d’en comprendre les mécanismes.
Amendes et contestation des infractions à vélo
Comment contester une amende ?
Tout cycliste verbalisé dispose d’un droit de contestation. La procédure est encadrée et doit être respectée scrupuleusement :
- ne pas payer l’amende dans un premier temps, car le paiement vaut reconnaissance de l’infraction
- envoyer une requête en exonération dans un délai de 45 jours suivant la date de l’avis de contravention
- joindre les pièces justificatives utiles (photos, témoignages)
Les délais à respecter
Passé le délai de 45 jours sans contestation ni paiement, l’amende est majorée. Il est donc impératif d’agir rapidement. La contestation se fait auprès de l’officier du ministère public mentionné sur l’avis de contravention.
Les infractions à vélo peuvent également avoir des répercussions moins visibles, mais tout aussi concrètes, sur la situation assurantielle du cycliste.
Impact des infractions à vélo sur l’assurance
L’assurance vélo : une protection souvent méconnue
Si l’assurance automobile n’est pas concernée par les infractions à vélo, la responsabilité civile du cycliste, elle, peut être engagée en cas d’accident. Cette garantie est souvent incluse dans les contrats multirisques habitation, mais elle ne couvre pas tous les scénarios.
Peut-on voir sa prime augmenter ?
Contrairement aux automobilistes, les cyclistes ne sont pas soumis au système du bonus-malus. Une infraction à vélo ne peut donc pas, en théorie, faire augmenter une prime d’assurance automobile. En revanche, si un accident grave impliquant un cycliste donne lieu à une condamnation pénale, l’assureur peut être informé et adapter ses conditions contractuelles.
La pratique du vélo en ville impose donc une vigilance accrue : si le permis de conduire n’est pas directement menacé par les infractions cyclistes courantes, les conséquences financières, judiciaires et assurantielles restent bien réelles. Respecter le code de la route à vélo n’est pas seulement une question de civisme, c’est aussi une protection concrète pour soi et pour les autres usagers de la route.


